
Le sculpteur Baoulé sait, sans rien perdre de la maîtrise de son métier et en respectant les proportions traditionnelles, se mettre au goût du jour et actualiser, par des détails vestimentaires (ici une culotte et un casque colonial), l’image masculine ou féminine qui représente un époux de l’autre monde, dont le portrait vient de lui être commandé suite à une séance de divination. Chaque Baoulé, homme ou femme, est en effet censé avoir un mari ou une femme qu’il a quitté pour venir dans le royaume des vivants, et ceux qui (lors de mauvais rêves par exemple) croient avoir des démêlés avec ce conjoint surnaturel doivent créer un autel où ils feront des offrandes à l’esprit fâché, dont ils feront sculpter un portrait. C’est «l’époux de l’Au-delà» lui-même qui indiquera quelle statuette doit être confectionnée.