Dans les hauteurs brumeuses du Fouta Djalon, le savoir ne voyage pas seulement par la voix, il se fixe par l'encre. Cet encrier de cuivre, forgé en 1937, était le compagnon inséparable des savants et lettrés qui ont fait de cette région de Guinée un phare de l'enseignement islamique, de la grammaire et du droit. Au centre, un réservoir principal contient l'encre noire du texte sacré ; trois godets périphériques reçoivent des encres de couleurs différentes, permettant d'annoter les manuscrits ou de souligner les passages juridiques complexes. Chaque bouchon est retenu par une petite chaînette de cuivre, pour ne rien perdre lors des déplacements entre écoles coraniques. Dans cette société, la connaissance n'était pas l'apanage de quelques-uns : même les femmes participaient à cette culture de l'écrit, lisant le Coran et composant de la poésie en langue foufouldé. Le Fouta Djalon était une véritable république des lettres.