
Nous sommes devant l'un des trésors les plus imposants du Sénégal : le manteau du Bour Sine, le Maad a Sinig. Ce vêtement rouge sang est l'armure de tissu d'un peuple qui n'a jamais plié. Chez les Sérères, ce manteau n'est pas un habit que l'on porte, c'est une fonction que l'on habite : il est l'emblème de la continuité dynastique, transmis comme un témoin sacré d'un roi à son successeur depuis des siècles. Ce long manteau de coton lourd ou de laine tombe jusqu'au sol pour envelopper le corps du souverain d'une aura de mystère. Le rouge profond est le symbole même de la puissance et de la vitalité de la lignée royale ; les bordures et la capuche portent de fines broderies bleues et argentées, des motifs géométriques secrets adressés aux ancêtres. C'est revêtu de ce rouge éclatant que le roi Coumba Ndoffène Famak a mené ses guerriers lors de la bataille de Fandane-Thiouthioune en 1867. Lorsqu'il paraît lors d'une intronisation, le roi devient un médiateur vivant entre le monde des morts et celui des vivants. Les sandales assorties, à pointe effilée et cuir tanné à l'écorce d'acacia, complètent cet insigne de pouvoir.