
Les premiers masques à cornes Ejumba, utilisés dans les rituels d'initiation par les Diola du sud de la Casamance, remontent au XVIIIe siècle. Portés par les nouveaux initiés, tous leurs éléments répondent à une symbolique précise. Ces masques apparaissent à la sortie des initiés du bois sacré, lors de la cérémonie du Kuisen, moment où les initiés réintègrent la communauté villageoise en tant qu'adultes. La présence de cornes de bœuf ou d'antilope reflète l'importance socio-économique du bétail chez ces riziculteurs. Associant le bétail à l'idée de richesse, ils sacrifient un bœuf pour obtenir la pluie, le bien-être, la fertilité, pour honorer les ancêtres ou garantir un traité entre villages. Le taureau est le plus haut placé dans la hiérarchie des animaux sacrifiés : il incarne les traits de caractère idéaux souhaités aux initiés — la force, la puissance, l'agressivité.