
Tout a commencé par une poursuite dans les éboulis. La légende raconte qu'un chasseur Dogon, voyant son chien capturer un lièvre, décida de sculpter l'image de la proie avant de la consommer — pour capturer sa force vitale, le Nyama, et empêcher l'esprit de l'animal de se venger. Le visage est un bloc rectangulaire percé de deux yeux en demi-ovale qui semblent surveiller ; le crâne est sculpté en arête, surmonté de deux larges oreilles dressées, toujours aux aguets. Le danseur, vêtu d'une jupe de fibres végétales teintes en rouge sang, adopte une démarche singulière : il croise les jambes à chaque pas, fléchissant les jarrets pour imiter la course nerveuse de l'animal. Pendant la danse, le porteur du masque feint soudain d'être traqué : il s'écroule au sol et reste immobile de longues minutes, simulant la mort du lièvre sous les yeux de la foule. Ce n'est pas un divertissement, mais une scène du théâtre cosmique des Dogon, lors de la levée de deuil du Dama.