
Ce masque-heaume fait partie des masques institutionnels liés aux pratiques du Poro : les kyonyubele, et plus précisément la catégorie des Wabele. Le sculpteur a volontairement assemblé des éléments anatomiques empruntés à diverses espèces — cornes d'antilope, mâchoire de crocodile, boutoirs de phacochère — créant un ensemble particulièrement effrayant. Le masque porte en cimier un triple motif figurant le calao, signe de fécondité, et un caméléon très stylisé, symbole de la Genèse. Une petite cavité secrète contient des substances médicinales sacrées qui donnent au masque son véritable pouvoir. Surnommé parfois le « cracheur de feu », le danseur tient entre ses dents un morceau de bois contenant des braises ardentes : à chaque mouvement brusque, des gerbes d'étincelles jaillissent de la gueule du crocodile. Malgré son apparence violente, le Wanyogo n'est pas une figure du mal : il utilise l'esthétique de la peur pour maîtriser le désordre.