
Quittez le monde des masques de bois pour entrer dans l'univers de la terre cuite et des songes. Voici l'œuvre de Seyni Awa Camara, une artiste qui vit dans un « degré zéro » de la création, loin des modes et des marchés. Son art n'est pas une simple technique apprise, c'est un don qui surgit d'elle comme l'eau d'une source. Pour Seyni, sculpter est une nécessité vitale : sa manière de converser avec les êtres invisibles qui peuplent son univers et ses nuits. Son imaginaire est d'une générosité absolue : des sculptures de maternité qui célèbrent la fertilité de la nature sous toutes ses formes, des familles entremêlées, des animaux domestiques et sauvages, des silhouettes qui rappellent la majesté du baobab, cet arbre sacré pour tant de peuples du continent. Seyni Awa Camara n'est pas une magicienne, mais une artiste qui a su s'équilibrer en conjurant ses propres démons par la forme. Elle occupe une place de « fausse marginale » : à la marge de la société, mais visitée par l'inspiration, son œuvre tend vers le centre.